Comprendre la Perversion Narcissique Manipulatoire (PNM) & soigner les Troubles Complexes du Stress
- Jeck Roy
- 13 oct. 2020
- 16 min de lecture
Cet article va couvrir ces différents sujets :
1) Les Pervers Narcissiques Manipulateurs (PNM) & leur nature psychotique 2) Les conséquences des abus narcissiques & des désordres complexes dus au Stress Posttraumatique 3) Le traitement pour les victimes d’abus narcissiques par la métacognition 4) Autres méthodes pour soigner les troubles dus au syndrome du stress post-traumatique 5) Aides & conseils venant de victimes d’abus de PNM & de désordres complexes du Stress Posttraumatique
1) Les Pervers Narcissiques Manipulateurs (PNM) & leur nature psychotique
Le narcissisme pervers comprend différents troubles psychiatriques dont : Des désordres dus à leur nature sociopathe, comme la mégalomanie, l’agressivité (qui peut être passive/agressive), le manque d’empathie & le sadisme. Les PNM sont toujours prêts à élever le niveau d’hostilité dans une relation afin de déshumaniser les gens qu’ils sélectionnent pour être leurs victimes (leurs boucs émissaires), dont ils usent & abusent comme des objets à leur disposition. Ils justifient leur abus, tortures, manipulation, & exploitation d’autrui comme acceptable, parce qu’ils estiment avoir le droit de faire ce qu’ils veulent de leurs victimes, allant jusqu'au meurtre si nécessaire. Ce système de pensée découle de leur manque total d’empathie. C’est aussi une caractéristique des psychopathes.
Les deux termes sont en réalité utilisés pour qualifier ces mêmes personnes ; quoique les PNM, contrairement aux psychopathes, soient parfaitement conscients de la différence entre vrai ou faux, réel ou faux-semblant, & donc le bien & le mal : Les PNM choisissent consciemment d’adopter une version des faits qui les avantage, retournant les situations, les faits & les dires selon leurs désirs & projections mentales, ce qui les rend finalement bien plus dangereux & cruels que les psychopathes. Les PMN sont des manipulateurs : Leurs illusions sont au service des stratagèmes qui les arrangent, faisant d’eux des caméléons qui peuvent changer de déguisement, d’attitude & même de convictions au besoin, capables de dire tout & son contraire dans la même phrase.
Les PNM tentent toujours de convertir leurs relations sociales à leur point de vue : Ils essaient de conditionner leurs proches à les voir sous un jour positif qui contribue ainsi à renforcer leurs illusions sur eux-mêmes. Pour ce faire, ils n’hésiteront pas régulièrement à se contredire tout seuls ou à piétiner autrui. L’humiliation est une arme dont ils se servent souvent, surtout si elle est publique, car elle renforcera l’illusion de leur supériorité. Ne croyez jamais un mot de ce qu’ils racontent : Si leurs lèvres remuent c’est parce qu’ils mentent. Ils contrediront les faits, nieront l’évidence, mentiront au sujet de choses faites avec vous, & déformeront vos propos. Si vous n’êtes pas d’accord avec leur version des faits, ils affirmeront que vous mentez, vous traiteront de fou/folle, allant jusqu’à inventer des faits, ou vous mettre des paroles en bouche jamais prononcées par vous pour vous en convaincre.
Les PNM vont créer des problèmes quotidiennement pour leur victime/Bouc émissaire, qui devra ensuite en payer les conséquences tout en étant traité d’incompétent, de nul, de faignant, etc.… Ils créeront des drames les touchant, & feront en sorte de vous y engouffrer aussi (souvent en vous culpabilisant) pour mieux vous manipuler à résoudre les problèmes qu’ils ont créés. Pour ce faire, ils n’hésiteront pas à vous faire douter de vous jusqu’à vous faire douter de votre santé mentale, pour vous faire endosser les erreurs dont ils sont responsables car ils considèrent en être exempts & ne peuvent accepter qu’ils aient des troubles psychiatriques.
En anglais, ça s’appelle le gaslighting (du film de George Cukor : Gaslight). Il n’y a pas d’équivalent en français.
La majorité des PNM ont-elles aussi été victimes (& vous le rappelleront souvent pour mieux vous manipuler) : Bien que ce soit une conséquence compréhensible, leurs actes & paroles souvent injustes à l’encontre de leur victime innocente restent parfaitement inacceptables, & doivent être questionnées & même combattus : Rien ne justifie un tel traitement.
2) Conséquences des abus narcissiques & des désordres complexes dus au Stress Posttraumatique
Les victimes de PNM ressentent couramment des sentiments envahissants de culpabilité, de honte & de désespoir. Tous ces sentiments non désirés aboutissent souvent à des attaques de panique, d’anxiété, de détresse, de dépression, des troubles du poids & de l’alimentation, des troubles psychosomatiques, des comportements autodestructeurs, & même au suicide. Ces victimes expérimentent des abus à tous les niveaux d’eux-mêmes : Mentaux, physiques, émotionnels, & même spirituels. Pratiquement rien n’a été écrit dans les rapports psychiatriques sur les victimes de PNM & les conséquences de ces abus sur ces victimes : Jusqu’à présent, la majorité des psys n’ont toujours pas posé de questions sures, par exemple, ce que les victimes de PNM ont en commun & quelles sont les causes de tant de détresse. De plus, ces victimes montrent des signes de traumas émotionnels & psychologiques, que n’importe quel thérapeute est censé connaître comme les résultats d’évènements stressants qui ont détruit leur sentiment de sécurité, les laissant vulnérables & sans défense.
On peut noter qu’il y a une véritable épidémie de Perversion Narcissique dans le monde actuel, & par manque d’information, la plupart des thérapeutes n’ont aucune connaissance dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne les victimes de troubles complexes du Stress Posttraumatique (qui est toujours le cas pour les victimes de réseaux de prostitution, mais peut être aussi entièrement dû à des abus répétés & sans issue dans le cadre familial). Il est important de réaliser les différences de niveau d’abus que les victimes de PNM ont pu subir : Il y a une différence entre les victimes qui n’auront subies qu’un trauma unique (ce qui reste rare) & celles qui auront subies des traumas répétés.
Certaines victimes développent ce qu’on appelle des Troubles Complexes du Stress Posttraumatique.
Les désordres complexes du Stress Post-traumatique sont des blessures psychologiques & émotionnelles dues à une exposition prolongée à des évènements traumatiques (causés par des PNM), avec perte ou manque de moyen viable d’en réchapper pour la victime; ce sont des problèmes d’ordre émotionnel & social qui durent longtemps après les avoir vécu, & qui résultent par exemple, de l’abandon d’enfant, d’abus émotionnels, psychologiques, physiques &/ou sexuels d’enfant, de violations répétées de l’intimité, de chosification &/ou harcèlement durable, d’exposition régulière à l’humiliation & à de fausses accusations, & d’exposition durable à des conditions de crises émotionnelles coutumières des familles PNM, mais aussi du fait de s’occuper pendant longtemps de membres mentalement ou chroniquement malades de notre famille, car impossibilité de pouvoir exprimer ses émotions du fait de la culpabilité qui en découle immanquablement. Sa propre peine étant toujours secondaire, devient une fatalité sans autre issue qu’une autre fatalité : La perte du proche
Les victimes de désordres complexes du Stress Post-traumatique montrent des signes de difficultés comportementales comme l’impulsivité, l’agressivité, les comportements sexuels anormaux (trop ou pas assez en résumé), les abus de drogues, d’alcool, ou de médicaments, les comportements autodestructeurs, l’isolement, les difficultés relationnelles & émotionnelles extrêmes telles que la rage, les attaques de panique ou la dépression chronique, & des difficultés mentales telles que la fragmentation de la pensée, la dissociation & l’amnésie traumatique. Les victimes de désordres complexes du Stress Post-traumatique qui ont été piégées dans des situations où ils n’avaient aucun contrôle, peuvent souvent ressentir de la terreur longtemps après avoir vécu ces traumatismes. …Parce qu’elles savent que des choses terribles peuvent encore arriver, & être même pires qu’avant. Les personnes souffrant de désordres complexes du Stress Post-traumatique peuvent souvent se sentir instables & fragiles, comme s’ils allaient à tout moment s’écrouler émotionnellement. Elles peuvent aussi se sentir non aimées & que tout ce qu’elles accompliront ne satisfera jamais autrui. La culpabilité suit généralement. Les personnes affectées par des désordres complexes du Stress Post-traumatique peuvent souvent se sentir contraintes à vivre seules, pour que personnes ne soient témoins de leur détresse, &/ou d’autres atrocités qui risquent encore d’arriver dans leur vie. Ils ont des difficultés à créer des liens de proximité, de peur de les perdre si une autre catastrophe leur tombait dessus. Beaucoup ont des difficultés à avoir une famille. Distorsions & perturbations incontrôlables des liens d’attachement précèdent bien souvent le développement d’un Syndrome
Complexe des Désordres du Stress Post-traumatique.
Des adultes autant que des enfants sont capables de développer des liens d’attachement très fort avec celui ou celle qui les menace, les harcèle, les torture, les frappe & souvent même les viole (la majorité des pédophiles créent des liens étroits en offrant des cadeaux & des attentions diverses à l’enfant/victime pour créer un sentiment de culpabilité si elle les dénonçait pour leurs abus). La persistance de ces liens d’attachement peut mener à une confusion entre la douleur & l’amour, ce qui peut créer des troubles comportementaux & sexuels plus tard, comme la nymphomanie & le sadomasochisme.
Les traumas peuvent être inconsciemment répétés au niveau émotionnel, mental, physiologique & comportemental : La colère redirigée contre soi est un problème majeur dans la vie d’une personne qui a été violentée, ce qui explique le nombre élevé d’enfants violés qui devenus adultes seront délinquants, drogués, prostitués & suicidés. Cette colère autodirigée est en soi-même la répétition d’évènements passés. La répétition compulsive de traumas est un processus habituellement inconscient qui, même s’il peut temporairement apporter un sentiment de maîtrise voire même de plaisir dans certains cas, ultimement perpétuera un sentiment chronique de désespoir & de perte de contrôle sur sa propre vie. Les personnes souffrant de désordres complexes du Stress Post-traumatique peuvent tenter de réprimer leurs réactions émotionnelles à ces évènements traumatiques sans résolution, parce qu’elles ne voient aucune opportunité leur permettant une résolution satisfaisante. C’est à ce moment que les sentiments de désespoir & de perte de contrôle apparaissent généralement. Reprendre le contrôle de sa vie actuelle, au lieu de répéter les humeurs, pensées ou états somatiques traumatiques passés, est le moyen de se soigner.
3) Traitement pour les victimes d’abus narcissiques par la métacognition
On trouve peu d’études dans les traitements cliniques concernant les désordres de stress post-traumatique. Selon mes études & expérience personnelles, la métacognition semble donner de bons résultats thérapeutiques pour ceux qui tentent de se soigner du stress posttraumatique, même complexe. Pour l’expliquer en termes simples, la métacognition est l’action de réfléchir à ses propres pensées. Pour être plus précis c’est le processus utilisé pour planifier, vérifier & assister nos propres performances cognitives, & donc notre compréhension de notre environnement. La métacognition est le nouveau mot qui fait le « buzz » dans les milieux d’étude de la psychologie, mais qu’est-ce que ça veut vraiment dire ? La métacognition se réfère à une méthode de penser « supérieure », qui implique le contrôle actif sur les processus cognitifs engagés lorsque nous apprenons & nous éduquons (souvent au contact d’autrui). Les survivants d’abus par un PNM peuvent apprendre à se soigner des traumas qui leur ont été infligés avec cette méthode, car la métacognition joue un rôle clé curatif dans la compréhension de notre environnement & des moyens pour résoudre les problèmes émotionnels & relationnels qui y sont liés. Elle est employée pour assister les victimes d’abus par des PNM. Des activités éducationnelles telles que vérifier ses propres pensées & émotions, & évaluer notre objectivité ainsi que les progrès effectués lors de ce processus de compréhension du monde qui nous entoure, sont de nature métacognitive. La métacognition a été liée à l’intelligence, & il a été démontré que ceux & celles qui avaient une faculté plus importante pour la métacognition étaient de plus habiles penseurs. La plupart des définitions de la métacognition incluent les composants de la connaissance & de la stratégie. La connaissance est métacognitive si elle utilise des moyens stratégiques pour s’assurer de sa justesse. La métacognition est donc la faculté de penser à ses pensées.
Elle permet d’atteindre nos buts (de soins par ex.) en surveillant & régulant nos processus cognitifs. Elle est essentielle pour la planification, l’évaluation & la résolution de problèmes.
Mettre la métacognition en pratique : Encourager les victimes à examiner leur processus de pensée courant : Savoir pourquoi on a été victime d’un ou une PNM nous aidera à nous en soigner. Donner aux victimes des pratiques pour identifier les mémoires douloureuses : Qu’est-ce qui est le plus douloureux dans le fait de se souvenir d’évènements traumatisants ? Le fait qu’on ait été victime ou qu’en s’on sente responsable ? Aider les victimes à reconnaître des changements conceptuels : Avant de commencer à comprendre mes pensées, je dois reconnaître que je n’ai pas été torturé(e) parce que je le méritais, mais parce que j’ai été victime d’un/e (ou plusieurs) PNM, qui ont abusé de ma naïveté, mon empathie, ma générosité, etc. … Je peux maintenant reconnaître que j’ai le choix de savoir comment ma manière de penser & de me percevoir peut changer, ou ne pas changer, dans le temps. Expliqué brièvement, la connaissance de notre soi se réfère à la manière générale dont l’être humain apprend à traiter une information, de même que son propre entendement de la manière dont il comprend les choses.
Exemple d’un exercice simple de métacognition : 3 questions à se poser …Si on se sent insulté, humilié ou menacé :
1) Quelles sont les preuves ? Comment je le sais : Preuves réelles ? « On-dit », spéculation ? Est-ce que je connais toute la vérité ?
2) Point(s) de vue alternative ? Les personnes en qui j’ai confiance ont-elles la même interprétation que la mienne ? Mes conclusions sont-elles précipitées ? Mon évaluation est-elle objective & juste ?
3) Même si c’est le cas…ma réaction est-elle excessive ? Mes réactions sont-elles appropriées ? Vais-je tout gâcher dans le futur si j’exagère mes réactions ? Penser d’abord & ensuite agir !
4) Autres méthodes pouvant aider à soigner des victimes de stress post-traumatique
Mon expérience personnelle m’a appris que deux autres méthodes ont fait leurs preuves pour aider à se soigner des désordres du stress post-traumatiques
1) La méditation Vipassana (Vision intérieure), qui est un moyen de ne plus réagir négativement à nos propres pensées, émotions & sensations négatives, en les notant mentalement durant la session de méditation, qui en portant l’attention vers soi-même va permettre non seulement de ne plus être la victime inconscientes de nos réactions négatives disproportionnées, mais aussi, en n’y portant aucun jugement dépréciateur (je suis nul/le, je ne suis qu’un/e malade/boulet/bon à rien, etc.…) permettra de récupérer progressivement notre identité propre en démontant les processus qui poussent notre pensée à s’autoalimenter avec des arguments erronés majoritairement venus d’autrui (en l’occurrence nos bourreaux PNM qui avaient tout intérêt à nous dévaloriser). Elle peut être un bon complément à d’autres méthodes de soins, d’autant qu’elle prend en compte l’aspect spirituel de l’individu.
La méditation vipassana est un outil remarquable pour aider à la métacognition en l’absence d’un interlocuteur externe, car elle permet de ne pas s’identifier à nos pensées acquises & nous permet donc de prendre un recul bienfaisant par rapport à nos difficultés émotionnelles.
Comment pratiquer Vipassana ? Il existe de nombreux centres de par le monde, dont plusieurs en Europe, qui apprennent les bases de la méditation vipassana. Il y a différentes écoles qui enseignent des méthodes avec de légères différences qui aboutissent toutes au même résultat, puisque l’esprit humain est le même partout dans le monde, même issu de cultures différentes. Cette méthode a comme avantage de ne pas avoir à être dépendant de n’importe quel centre d’enseignement car on peut l’appliquer ensuite à la maison, seul/e ou accompagné/e. La méditation vipassana, bien qu’issue du Bouddhisme Theravada (à contrario du bouddhisme Tibétain qui est issu d’une tendance réformatrice Mahayana) ne doit pas être confondue avec une secte & peut s’accorder avec toutes religions, même l’athéisme, quoique l’école de SN Goenka* soit capable de dérives sectaires, dans le sens où elle vous demandera de ne plus pratiquer que cette méthode & avec d’autres pratiquants de cette méthode uniquement, si vous voulez étendre la durée de vos sessions & l’étude de la méthode. Je le sais pour avoir personnellement passé 6 mois dans le centre français Dhamma Mahi il y a 20 ans. Il n’y a par contre aucun danger de dérive quelconque si on se contente de prendre le cours de base de 10 jours & de l’appliquer soi-même. Pour l’avoir pratiquée aussi, je recommanderai plutôt la méthode de Mahasi Sayadaw, non seulement pour son côté pratique (des week-ends d’introduction à la méthode sont possibles en France), mais aussi car je n’ai constaté aucune dérive sectaire dans les centres où j’ai fait des retraites.
La méditation vipassana au centre Dhamma Mahi se fait assis & est composée d’une retraite de silence de 10 jours, où alternent des pratiques respiratoires pour calmer & concentrer son esprit, avec la pratique de vipassana elle-même, qui nous apprend à « scanner » notre corps à la recherche de sensations ou pensées agréables ou désagréables & à ne pas tenter de les juger, mais juste de les noter mentalement pour en prendre conscience & les observer passivement ; le but étant de nous défaire de nos réactions habituelles de jugements souvent péremptoires & erronés, afin de ne plus accumuler de pensées négatives face à nous-mêmes, & d’arrêter au moins pour un temps le « petit vélo mental » qui plonge si souvent les victimes de stress post-traumatique dans les affres de la dépression, en répétant encore & encore des concepts & des pensées qui nous ont été inculqués par nos bourreaux, notamment dans les cas d’abus dans le cadre familial ou d’une institution. Le dernier jour est consacré à la prière. En arrêtant de se projeter dans un avenir incertain, on évite ainsi l’angoisse, en cessant de ressasser le passé, on évite la dépression. En se focalisant sur l’instant présent sans juger son passé, on peut ainsi reprendre le contrôle de nos émotions voire sensations débilitantes, ce qui permet d’utiliser ensuite la métacognition de manière plus efficace car non affectée par nos émotions & nos pensées issues d’années d’endoctrinement au service de nos abuseurs.
Le même processus agit aussi avec la méthode Mahasi Sayadaw, bien que cette méthode utilise un autre point focal de concentration pour l’observation de la respiration, & alterne ensuite la méditation marchée avec celle assise. Je la trouve aussi plus adaptée à notre rythme de vie, permettant ensuite la méditation active dans nos activités quotidiennes.
En Thaïlande notamment, où j’ai fait toutes mes retraites avec cette méthode, il est possible de passer directement à une retraite de plus de 20 jours. Elle en est d’autant plus efficace qu’elle pousse le travail de concentration de l’esprit & de « décrassage » des pensées & émotions toxiques plus loin.
Voici la liste des deux méthodes trouvables en France : *https://www.dhamma.org/fr/locations/directory (Ecole SN Goenka, la plus répandue) & http://vipassanasangha.free.fr/ (Ecole de Mahasi Sayadaw)
2) L’EMDR : C’est une autre méthode qui utilise la relation yeux/cerveau pour rétablir les fonctions cognitives qui ont été perturbées lors d’évènements traumatiques. Selon différents sites sur le sujet, on comprend que l’EMDR semble agir directement sur le fonctionnement neurologique en rétablissant la capacité du cerveau à traiter l’information : « Après les sessions d’EMDR, les images, les sons, les sensations et les émotions envahissantes initiales ne sont plus réactivés lorsque la personne repense à l’événement. On se rappelle encore de l’événement, mais sans la détresse intense. On pense que l’EMDR agit de la même manière que la phase de rêve, pendant laquelle les yeux bougent rapidement, ce qui vient faciliter la « digestion » du matériel emmagasiné lors de nos expériences. On peut donc considérer que l’EMDR est une thérapie ayant des bases physiologiques permettant d’en arriver à concevoir les souvenirs perturbateurs sous un angle nouveau et avec moins de détresse, voire sans détresse…
Selon le modèle de Francine Shapiro, l’information liée au traumatisme serait stockée de manière fragmentée (des images, des sons, des odeurs,) au niveau cérébral, et ces différents fragments ne seraient pas reliés entre eux, ce qui empêcherait l’intégration (le « classement », «la digestion », la « synthèse ») du trauma dans la mémoire. Francine Shapiro observe que dans le fonctionnement normal, le cerveau est tout à fait capable de traiter des informations chargées émotionnellement, et elle postule l’existence d’un système de traitement d’information spécifique, traitant les souvenirs traumatiques (2/3 des personnes qui ont vécu un traumatisme unique moyennement intense peuvent digérer ce souvenir de manière spontanée sans aide thérapeutique) ». « Ce système de Traitement d’Information Adaptatif (TIA) ne fonctionnerait pas chez certaines personnes et, dans ce cas, il pourrait être sous l’effet de la stimulation rythmique bilatérale de l’EMDR. Une fois activé, ce système traiterait de manière accélérée le matériel traumatique. Ainsi, les affects négatifs sont désensibilisés et des informations adaptatives surgissent spontanément. C’est donc le patient ou quelque chose en lui qui, par la stimulation, déclenche ce processus de traitement avec l’aide du thérapeute… ». *
Comment ça marche ?
REM (Rapid Eye Movement – Mouvements oculaires rapides) : Une des premières hypothèses avancées pour expliquer l’efficacité de l’EMDR a été de pointer sa similitude avec la phase de sommeil paradoxal (pendant laquelle ont lieu les rêves et les REM).
Cette hypothèse a été réétudiée par Stickgold (1998). Cet auteur a étudié tant la consolidation des pensées durant le sommeil, que la pathologie de l’état de stress posttraumatique et son traitement par l’EMDR. Après avoir réalisé des milliers d’analyse de rêves, Stickgold affirme, que lors du rêve, du matériel faiblement associatif provenant du néocortex est transféré durant la phase de sommeil paradoxal, vers l’hippocampe. A l’inverse, durant les autres phases du sommeil, du matériel fortement associatif de l’hippocampe est transféré vers le néocortex. Ce double transfert affaiblit les associations fortes des souvenirs spécifiques et permet ainsi la formation de souvenirs sémantiques plus généraux et affectivement affaiblis. Dans l’état de stress post-traumatique, le sommeil et le mécanisme accompagnant sont perturbés, ce qui diminue donc la possibilité d’affaiblir ces associations fortes. Une séance avec l’EMDR conduirait à une production d’acétylcholine (le vecteur) plus élevée, le flux d’information du cortex vers l’hippocampe serait ainsi stimulé. Grâce à la stimulation, on obtiendrait un effet de décodage des souvenirs semblable à celui qui se déroule durant le sommeil paradoxal. **
Sources : * http://www.psykhe.fr/emdr-paris/comment-l-emdr-fonctionne-t-il/ ** http://www.ifemdr.fr/therapie-emdr/ressources-emdr/mechanisme-daction-emdr/
5) Aides & conseils venant de victimes d’abus de PNM & de désordres complexes du Stress Post-traumatique :
- Séparez-vous de votre abuseur, mais parlez-en, mettez par écrit votre expérience, n’ayez pas peur de dénoncer les PNM pour ce qu’ils sont & ce qu’ils font. - Ne vivez pas dans la peur : Réécrivez le script de votre vie en usant la métacognition pour vous y aider. - Tâchez de vous entourer de personnes empathiques. - Trouvez un ou une thérapeute formée au syndrome du stress post-traumatique. - Portez plainte si nécessaire & possible. - Trouvez une activité créative, qui vous permettra de vous exprimer autrement. - En cas de danger car toujours à leur contact, évitez la discussion : C’est eux qui gagneront toujours en vous manipulant, & en cas de confrontation directe ils pourraient devenir dangereux.
Les choses à ne pas faire :
- Avoir peur des PNM : La peur est inhibitrice & vous empêchera d’agir. Comme il est difficile de ne pas avoir peur en présence de son abuseur, l’idéal est donc de s’en séparer avant tout, ce qui sera le premier pas vers l’indépendance affective. - Aller jusqu’au bout de l’impasse à cause d’entêtement ou de désir de vengeance : Tant que vous serez sous l’influence d’un/e PNM, il/elle sera toujours vainqueur, car vos réactions seront sous le même mode opératoire, puisque toujours manipulées. - Refouler ses émotions : Ultimement elles vous rongeront de l’intérieur, souvent par des maladies psychosomatiques comme la fibromyalgie, la spasmophilie, & même le cancer. Jouer la comédie en prétendant que tout aille bien ne leurre personne & ne soigne rien. Les drogues & l’alcool sont un autre moyen de refouler ses émotions, qui provoquera d’autres problèmes additionnels, dont l’addiction & les dégâts causés au corps. - S’isoler : L’isolement rend difficile la pratique de la métacognition par manque de référence extérieure permettant une meilleure objectivité, il va donc renforcer les sentiments de désespoir & d’impuissance en répétant les comportements victimaires, dont l’auto-abus (comme la dépendance aux substances toxiques, l’automutilation, les comportements à risque, etc.…)
Comment aider quelqu’un qui souffre de syndrome complexe du stress post-traumatique ?
- Offrez de l’empathie & du soutien. - Soyez l’épaule sur laquelle pleurer, l’oreille qui saura entendre. - Parlez d’expérience (& non pas par Ouï-dire ou approximation). - Assistez-les avec des solutions pratiques quand c’est approprié. - Ayez de la patience.
Les choses à ne pas faire : - Parler en termes généraux : Rien de pire que d’être assimilé à une statistique. - Tenter de les faire « passer à autre chose » (sans aide) : On ne peut oublier un abus - Ou pire encore : Tenter de les réconcilier avec leur agresseur. - N’en profitez pas pour les forcer à vos opinions ou dogmes (sachant que les victimes de PNM sont en général très influençables car fragilisées) : Ce sont les meilleurs candidats pour être recruté par des sectes, ils ont surtout besoin de retrouver leur identité propre.
Les désordres complexes du stress post-traumatique peuvent être très handicapants, & représenter un risque plus accru à abuser de substances toxiques comme moyen de supporter les peines émotionnelles (hormis l’alcool & les drogues illégales, beaucoup de victimes sont de grands consommateurs/trices d’hypnotiques qui perpétuent la dissociation cognitive).
Beaucoup de victimes de stress post-traumatique complexe sont susceptibles d’avoir des comportements à risque, quand ce n’est pas autodestructeurs, ce qui explique qu’on les retrouve souvent consommateurs de drogues &/ou prostitués, surtout s’ils/elles l’ont été dans des réseaux depuis l’enfance : Ils/elles pensent pouvoir reprendre le contrôle de leur vie sexuelle en devenant agressif &/ou dominateur eux-mêmes sexuellement. Leur apprendre que leur corps & leur volonté doivent être respectés, autant par autrui qu’eux-mêmes, est alors une priorité.

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